« ...mais rien ne vaut une vie... » pour apprendre qui l'on est, où l'on va, à quoi on sert, si on écoute les signes qui jalonnent son parcours. (suite)

Les signes

Être présent au petit trébuchement qui dénote, dans l’ordre routinier des choses. Garder le signe en mémoire, puis dès qu’on le peut : se mettre en posture d'écoute et sentir venir sa signification. Signifier, signe et fier, se fier au signe ? Écarter le préjugé, bannir la superstition. Écouter l’évidence. Bien sûr il faut de l’entraînement pour gagner la conviction qu’il s’agit d’une évidence. Prendre la mesure de l’ambiance intérieure qui nous habite lorsqu’on constate l’évidence après avoir finalement lâché le doute de la superstition. Sentir la plénitude qui nous rend si riche... Avec la répétition on remarquera l’augmentation d’intensité lumineuse alentour ; et puis la sensation du visage qui s’éclaire, qui sourit ; le front, les joues, les lèvres se détendent et en même temps s’étendent ; on le perçoit dans le regard des autres. « Évidemment ! » s’entend-t-on murmurer... Et on acquiesce.

"Principe Fils"

Ma vie avance dans l’âge — en chemin dans le dixième cycle : de 70 à 77 ans — mais je fais confiance à cette candeur de l'enfant qui apparaît à chaque question de spiritualité. En fait, pur produit de la culture occidentale, né au milieu d'un XXe siècle pourtant matérialiste, de famille française catholique, incidemment fils unique, avec deux grand-mères pratiquantes, je n’ai pas échappé complètement à l’empreinte de la chrétienté. Sans parler du prénom... Et en lien évident avec ce contexte éducatif, un point particulier s'incruste à la manière d'une signe, dans le quotidien de mes réflexions : le "principe Fils". Un thème qui dépasse la leçon de catéchisme...

La grande voûte étoilée

En parallèle donc, un autre questionnement "est monté en puissance" venant concurrencer dans mes pensées le principe Fils, c'est la répétition du nombre 11 et de ses multiples. Immanquablement le raisonnement fait la navette d'un sujet à l'autre. Et puis l'idée tombe : et si ces deux préoccupations n’en étaient qu'une ? Ne parvenant pas à avancer sur un sujet, une aide me serait envoyée...? Pourquoi un signe ne viendrait-il pas expliquer un autre signe ? En travaillant l'écoute j'ai appris à m'en remettre aux inspirations de la grande voûte étoilée.

Interprétation

L'écoute du cosmos va de pair avec la référence à la sagesse de la Tradition Primordiale ; la source est la même. L'interprétation intellectuelle du signe devra progresser avec humilité, sans forfanterie, avec hardiesse, et surtout se montrer intraitable avec les facéties, les pirouettes et la vanité insidieuse de l'intellect. Prenons une grille de symboles à notre portée , un enseignement de la sagesse des Anciens : le Tarot. Parmi ses lames majeures, la XI s'intitule la Force. On voit une jeune femme, élégante, maintenir sans effort la gueule d'un lion ouverte, le privant avec une étrange aisance de ses puissantes mâchoires. Elle ne déploie pas de force physique ; c'est là qu'intervient l'interprétation qui sera ensuite corroborée par le fil conducteur du conte initiatique avec ses 22 étapes. La jeune femme semble agir comme par magie. En fait, elle se sert tout simplement de sa force psychique, ou , pourquoi pas, de sa force spirituelle.

Enfant-roi

En poussant l'analyse, le lion, roi des animaux, nous ramène au signe du Zodiaque du même nom ; et, en continuant ,on se souviendra que le signe opposé-complémentaire du Lion, le Verseau, est le onzième signe. Tiens, tiens...! La complémentarité entre deux signes zodiacaux est une conjoncture très forte ; il faut la concevoir méthodiquement. Le Lion exprime le monarque, et notamment l'enfant-roi qui va détrôner son père, créant ainsi sa propre dynastie. Le Verseau, en face de ce chef absolutiste, représente la multitude, le peuple au service du roi ou à sa contestation. Cette multitude peut être cohérente grâce à la communication, à la circulation de l'énergie, grâce au partage juste...

Force "autre"

On voit déjà que le rapport de force — de force physique — apanage du roi des animaux, est annihilé par la maîtrise d'une force "autre" dont témoigne notre héroïne coiffée d'un chapeau à l'instar d'une couronne. En transposant les rôles, on peut imaginer que l'individu du Verseau se substitue au monarque — idéal de démocratie — non pas avec un régime encore plus autoritaire, mais grâce à la communication, au dialogue, et à l'énergie psychique et spirituelle qui circule dans le rapport langage-écoute. Ainsi la conjugaison des deux archétypes inaugure l'intelligence du Cœur au sein de la société pour le "vivre en bonne intelligence".

1 et 1

Par cette conjugaison, l'individu de l'Ère du Verseau n'est-il pas, alors, la projection du fils de cet ancien roi, symbole paternel pour le peuple ? Par la transmission du père au fils, ne peut- on considérer que ce UN, symbole d'absolu puisse engendrer un autre UN, absolu lui aussi, mais

sur un plan distinct ? La science sacrée des Nombres nous apprend que DIX symbolise tout système, on le figure par un cercle avec un point en son centre (mandala), c'est la création avec son créateur. Ce point, ce UN d'où tout provient, la source, dieu le PÈRE, se dédouble quand on passe à ONZE, or comme deux absolus ne peuvent coexister, il y a nécessairement changement de plan. 11 symbolise l'émanation du principe FILS. Un nouveau système est engendré par un système existant ; ils émanent de la même source mais le naissant va constituer un plan distinct.

Paradigme

Démonstration qui donne à penser . On va devoir envisager ce qui se prépare avec le changement d'ère, visualiser le prochain paradigme qui ne peut s'édifier qu'à partir de la dimension spirituelle unanimement perçue. Paradigme qui va gagner, en faisant tache d'huile, toute l'humanité. Démonstration pour anticiper en conscience ce que sera l'Ère du Verseau dans laquelle nous allons nous retrouver dans la prochaine incarnation.

Pharaon

Marier les opposés-complémentaires : leçon majeure apprise en scrutant la mécanique céleste. Leçon magnifique qui permet de voir concilier les inconciliables. Ainsi, en empruntant aux anciens égyptiens, nous percevons à travers le Lion, ce pharaon à la fois homme, roi et dieu, devenir l'humain du Verseau, roi en son propre royaume par la connaissance de soi, et dieu parce qu'accédant à la conscience spirituelle. Rien n'oblige, bien sûr, à s'arrêter et à statuer sur une première interprétation du signe. Mais il faut faire confiance ; si cette interprétation n'est pas la bonne, le signe se manifestera à nouveau, quitte à changer de forme, et ce jusqu'au moment de la prise de conscience de ce qu'il a à nous apprendre. C'est avant tout de conscience qu'il s'agit, car c'est elle qui fait ce que nous sommes. Alors je me plonge dans les pages du livre de ma vie pour écouter, apprendre et comprendre.

Corporéité consciente

Comprendre que que pour entrer dans la nouvelle ère, homme ou femme, j'ai le père en moi qui doit céder le trône au fils. Donc qu'à partir du moment où j'ai pris conscience du père en moi, j'admets avoir une dimension spirituelle. Par cela j'accepte mon inconscient du haut, — soit la dimension transpersonnelle — et je peux être le fils qui incarne sa dimension spirituelle dans la vie quotidienne. Ce faisant, j'investis le divin dans le corps-matière, je spiritualise la matière. C'est la conscience qui est le facteur important car c'est elle qui permet de vivre tout cela en pensée, en énergie, en corporéité dans la matière. Je rends la matière consciente ; la mission humaine s'accomplit...?

« ... rien ne vaut une vie », quand on a la chance de s'émerveiller devant l'évidence, ne serait-ce que durant 11 secondes...

 

moments d'Écoute 4

janvier Vingt Vingt

Christian-1,77m